Quand la législation impose aux entreprises de la chaîne alimentaire des contrôle d’hygiène à la fin des années 90 pour une maîtrise optimale de la qualité, Christian Marits décide avec d’autres grossistes de l’abattoir de Charleroi de mettre en place une structure commune d’analyses : HACCP Assistance est constitué en 1998 sous la forme de coopérative. Véritable cellule d’appui aux opérateurs dans les métiers de la viande, l’entreprise va offrir une gamme de services qui vont de l’hygiénogramme (tests de propreté en ateliers de découpe) à l’analyse de l’eau en passant par les tests de carcasses (détection de corps étrangers au départ de frottis). L’activité rencontre les besoins du secteur. Un chef de projet indépendant se charge de prélever les échantillons en clientèle. Pour des raisons de rentabilité, HACCP Assistance sous-traite ses analyses.
Hygiène absolue
Lorsque l’opportunité se présente de reprendre l’équipement du laboratoire intercommunal de Charleroi en 2002, la PME la saisit : une laborantine et un ingénieur agronome y seront occupés avant un retour à la situation antérieure en raison des coûts exorbitant d’agréation et de la longueur de la procédure. En 2005, HACCP Assistance offre toujours à ses partenaires une gamme complète de services en contrôle d’hygiène et analyses sanitaires. Son cheval de bataille, ce sont les hygiénogrammes, comme on appelle les tests de propreté imposés aux opérateurs de la chaîne alimentaire. Dans les métiers de la viande, les grossistes y sont soumis de façon rigoureuse : les surfaces de leurs ateliers de découpe (murs, crochets, tables, sous-videuses, couteaux, scies) doivent subir des examens réguliers qui établissent la conformité des normes d’hygiène et le respect des plans. En cas de problème, un rapport en prévient l’exploitant. HACCP Assistance compte une quinzaine de clients en 2005, soit deux fois moins qu’en 2003, mais une application plus stricte de la législation en matière de sécurité alimentaire contribuerait à un développement de ses activités, selon Christian Marits. Trop d’entreprises du secteur échappent encore aux contrôles, déplore le gérant de la SCRL. Rapidité, efficacité, polyvalence sont les maîtres mots de la PME.
Christian Marits, gérant
Après un apprentissage en boucherie, Christian Marits débute dans le commerce du bétail en 1975. Son beau-père qui gère une entreprise de négoce en gros de viande lui propose en 1984 de s’associer dans son affaire. Christian Marits s’investit dans la SA Dussart à Charleroi dont il devient l’administrateur délégué. A la fin des années nonante, la PME qui occupe neuf travailleurs est confrontée à de nouvelles exigences en matière de contrôles d’hygiène : ce sont elles qui amèneront son responsable à accepter la gestion de la SCRL HACCP Assistance, un projet de la collectivité de grossistes de l’abattoir. Pour lui, le potentiel existe. C’est le manque de rigueur dans la mise en application de la législation qui freine le développement de l’activité : « tous les opérateurs du secteur ne sont pas soumis aux mêmes obligations », dit-il. « Il y a deux poids deux mesures dans la manière de le faire respecter. » Dans l’avenir, Christian Marits est convaincu que le projet de HACCP Assistance est porteur.
Expérience d'entrepreneur en 4 questions et réponses
. Quelle idée nouvelle est à la base de la création de votre entreprise ?
Répondre aux besoins des grossistes du secteur de la viande en terme de contrôle sanitaires et d’hygiène avec la perspective de créer une activité de laboratoire et de l’emploi, c’est le projet qui se trouve à la base de la constitution de l’entreprise. Il s’agissait d’offrir une gamme de services dont nous maîtrisions les coûts et la mise en œuvre sans sacrifier la qualité. Car même si c’est une coopérative, HACCP Assistance opère pour ses clients en toute indépendance.
. Quelle est la plus grande difficulté que vous ayez rencontrée pour créer ou développer votre entreprise ?
Obtenir l’agréation du laboratoire intercommunal que nous avions repris. Nous en avions acquis les équipements et même un membre du personnel, il fallait donc juste adapter les procédures d’analyses à l’activité. La durée du processus d’agréation auprès de la Région wallonne et le coût exorbitant nous a contraint à abandonner le projet pour revenir à une structure plus légère de sous-traitance. C’est dommage : deux emplois ont été perdus, ainsi qu’un volumes d’affaires potentiel.
. Quelle est la plus grande joie ou satisfaction que vous a procuré votre entreprise et –si c’est le cas- pourquoi n’auriez vous pas pu vivre la même chose en tant qu’employé ?
Notre projet a pleinement atteint son objectif : il rencontre une attente du secteur, nos clients bénéficient de commodités appréciables. Nous avons par contre l’amère déception de constater que sur le terrain, la législation n’est pas appliquée comme elle devrait l’être : c’est ce qui empêche notre offre de remporter le succès qu’elle mérite aux conditions où nous la mettons sur le marché.
. Quel petit « truc » proposeriez-vous à un jeune entrepreneur ?
Il y en a plusieurs : tout d’abord choisir ce que l’on aime. Je dirais aussi de bien réfléchir avant de s’engager dans un projet, de prendre le temps de l’étudier sous tous ses aspects, de se faire conseiller valablement. Enfin, je pense qu’il est primordial de valider le créneau que l’on choisit : l’idée peut être bonne, les compétences et les références indiscutables, la partie sera compliquée, voire impossible si le marché est saturé ou insuffisant.

















