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H-Phar, une nouvelle voie thérapeutique dans le traitement du sida
04/01/2006  – H-Phar
Faire reculer la maladie. La vaincre même peut-être. Avec la molécule que l’entreprise compte commercialiser à partir de 2006, H-Phar apportera une solution thérapeutique d’un nouveau genre pour combattre le sida.

Le marché mondial s’ouvre au médicament de la PME de Charleroi.

Tenir le sida en échec : un rêve ? 

Un espoir en tout cas. Depuis plus de dix ans, le Dr Michel Vandevelde y travaille. Ses recherches ont abouti à la formulation d’une nouvelle molécule d’azodicarbonamide (ADA) pour laquelle il détient vingt-quatre brevets qui couvrent le monde entier. Plus précisément, c’est sa société Hubriphar qui en est propriétaire à la fin des années nonante. Parce que la commercialisation d’un médicament coûte cher, il lui faut faire appel aux investisseurs pour soutenir le financement du projet. La Floridienne accueille favorablement le risque et le valide. La décision est prise de constituer une nouvelle société avec l’invest du groupe : H-Phar accueillera d’autres partenaires comme l’ULB, Sambrinvest et la SRIW (Région wallonne). Un conseil de gestion et un comité scientifique international se mettent en place pour piloter H-Phar. En 2004, l’entreprise choisit de s’installer à Charleroi sur le site de l’aéropole où elle trouve les appuis nécessaires à l’aboutissement de la R&D de sa molécule. 
 
Sur le marché en 2006

En 2004, H-Phar reste la seule société au monde à détenir un ADA de grade pharmaceutique. Sa nouvelle formulation pourrait ne plus générer aucun effet secondaire –ou à tout le moins les voir extrêmement réduits. Alors que la thérapie anti-sida actuelle concerne les cellules immunitaires infectées, son mode d’action vise le virus libre, ce qui ouvre une nouvelle voie de traitement. D’autant plus prometteuse qu’avec les technologies dont la science dispose à ce stade, il n’a pas été possible de créer un virus résistant à la nouvelle molécule. Le Dr Vandevelde n’exclut pas que la nature en trouve les moyens. Reste qu’avec la trithérapie où le virus du sida se transforme, 14% de la population infectée sous traitement développe une résistance aux anti-viraux. Pour augmenter ses chances de succès, H-Phar a choisi de s’allier aux meilleurs centres européens : c’est ainsi que les universités de Liège, Bruxelles Barcelone, Montpellier et Munich sont impliquées dans le projet. Elles le sont aux côtés d’industriels de renom comme Bayer AG et les laboratoires Thyssen qui pourraient fabriquer le médicament et le mettre en gélules. Ainsi que l’observe le directeur R& D Patrick Mahy, « la force d’un tel groupement est de porter le dossier d’enregistrement dans le cadre des procédures accélérées de l’agence européenne du médicament pour obtenir une mise sur le marché rapide, sous circonstances exceptionnelles. En l’occurrence dès 2006 ». 

Une molécule à un prix compétitif

En 2004, les tests de toxicité de l’ADA sont en cours chez l’animal. Ils se termineront pour la fin de l’année : c’est à cette période -ou au début 2005- que la campagne de tests cliniques entrera dans sa phase I. Il s’agira d’évaluer la tolérance du médicament dans une population de volontaires sains. C’est au terme de cette étape de safety que H-Phar passera en application chez les malades, sans doute au printemps 2005. Si les résultats sont concluants, l’agence européenne du médicament pourrait marquer son accord à une commercialisation dès 2006, compte tenu du péril que représente l’épidémie du sida. La molécule sera alors disponible dans les 25 pays de l’Union. Aux Etats-Unis et en Asie, des tests complémentaires seront exigés pour une introduction sur le marché, mais selon le Dr Vandevelde, les mêmes enjeux pressants de santé publique devraient favoriser un traitement prioritaire de la demande. H-Phar devrait être capable d’offrir l’ADA à un prix très compétitif, répondant de la sorte aux instances mondiales en rendant sa molécule tout à fait accessible aux populations les plus pauvres. En se basant sur le scénario financier le plus réaliste, l’entreprise table sur un chiffre d’affaire mondial de l’ordre de € 250 millions par an.

Hélène Margery, Michel Vandevelde, Patrick Mahy et Roland Marini

L’histoire de H-Phar, c’est d’abord celle d’un couple qui a consacré plus de dix ans de sa vie à un formidable projet. Formidable par ce qu’il peut apporter à l’humanité en terme d’espoir et de bien-être. Pour le faire aboutir, Helene Margery qui soutient les recherches de son époux n’hésite pas à investir tous ses biens personnels. Co-inventrice et fondatrice de l’entreprise, elle en est l’administratrice-déléguée. Le Dr Michel Vandevelde, son époux, va s’intéresser au sida et intègrer un service hospitalier qui traite les malades infectés avant d’abandonner la pratique pour se consacrer à la recherche au milieu des années nonante. Ses travaux aboutiront à la découverte d’une nouvelle molécule. Dans H-Phar, il a deux partenaires : Patrick Mahy et Roland Marini. Familier des start-up dans le biomédical, le premier a été consultant pour l’industrie pharmaceutique et project manager pour le groupe Floridienne dans les sciences du vivant. Il cumule à une parfaite connaissance du secteur une bonne maîtrise de la gestion. Le second est pharmacien d’entreprise. Détaché à l’université de Liège, il met au point des méthodes analytiques de dosage de l’ADA et lui cherche des dérivés.

Expérience d'entrepreneur en 4 questions et réponses

.Quelle idée nouvelle est à la base de la création de votre entreprise ?

 Le développement d’une molécule anti-sida à mettre sur le marché. Nous disposions des indispensables brevets pour travailler sur le projet. Nous ne partions donc pas de zéro. H-Phar est l’aboutissement de longs travaux de recherche. La commercialisation de ce médicament va ouvrir une nouvelle voie thérapeutique. Nous sommes véritablement pionniers en ce domaine. 

.Quelle est la plus grande difficulté que vous ayez rencontrée pour créer ou développer votre entreprise ?

 Indiscutablement le financement. La mise sur le marché d’un nouveau médicament demande des capitaux considérables. C’est un domaine à risques. A titre indicatif, la phase I représente un investissement de 2 millions d’euros, le coût de la phase II atteint 2,5 millions. Les retombées économiques attendues sont certes très importantes, mais elles ne viendront pas avant trois ou quatre ans. La plus grande difficulté se trouve là.

.Quelle est la plus grande joie ou satisfaction que vous a procuré votre entreprise et –si c’est le cas- pourquoi n’auriez vous pas pu vivre la même chose en tant qu’employé ?

 La liberté d’action, l’espace de créativité nous procurent une satisfaction que nous n’aurions pu trouver dans une grande entreprise. La PME offre une autonomie, une souplesse et une adaptabilité qui stimulent la recherche, le sens de l’innovation. En plus la communication y est immédiate. Quand on a une idée, un projet à développer, on en parle et on décide ensemble. Pour le mettre en Å“uvre, il ne faut pas le porter de chef de service en chef de service jusqu’à une direction générale. 

.Quel petit « truc » proposeriez-vous à un jeune entrepreneur ?

 De se chercher des partenaires, des associés pour monter son projet. Il faut toujours avoir quelqu’un avec qui confronter ses espoirs et ses désespoirs. D’autre part, si l’union fait la force, c’est encore plus vrai en termes de compétences. Miser la complémentarité n’empêche pas la recherche d’objectifs communs : on peut très bien avoir des capacités différentes et partager le même objectif. C’est d’ailleurs la clef du succès d’une association. Enfin, s’il s’agit d’un couple, la prudence restera de mise. Parce que la vie professionnelle et les affaires privées sont toujours difficiles à concilier.

 

H-Phar sa
Rue Clément Ader, 12

6041 GOSSELIES
 071/35.76.57
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Mahy Patrick (M.)
 071/35.76.57
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