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FONDERIE DIVRY BERTRAND : La passion de la fusion
04/01/2006  – FONDERIE DIVRY BERTRAND
Spécialisée dans les productions en petites et moyennes séries (jusqu’au prototype), la fonderie Divry Bertrand (Charleroi) exécute des pièces en alliages cuivreux et d’aluminium selon deux procédés de moulage : flexibilité, rapidité et qualité de réalisation lui valent de fournir aussi bien l’industrie de pointe que le domaine artistique.

En 97, André Divry et Laurent Bertrand reprennent en SPRL une fonderie artisanale de Charleroi, qu’ils vont automatiser pour en améliorer la compétitivité. Ils l’équipent d’un convoyeur à rouleaux pour amener les châssis aux endroits de coulées, de palans de démoulage pour faciliter le travail en atelier et investissent dans le recyclage du sable à prise chimique, utilisé pour la production des grandes pièces. Sambrinvest intervient dans l’opération. Le chiffre d’affaires se développe : active dans deux procédés de moulage (sable et coquille métal), l’entreprise fabrique des éléments à la demande, en alliages d’aluminium et cuivreux. Leurs poids varient de 50 grammes à 300 kilos pour des dimensions qui peuvent atteindre quatre mètres. Du prototype aux moyennes séries (200 pièces), la fonderie réalise des composants de pompes ou de systèmes d’éclairage, des accessoires automobiles, des pièces mécaniques pour l’industrie aéronautique, les machines outils ou encore les chemins de fer.

La passion du métier

Le carnet est diversifiĂ©. AndrĂ© Divry estime que la PME exĂ©cute en moyenne près de 200 commandes par an, pour une production de 2300 pièces. Parmi elles, des rĂ©alisations artistiques comme les Ă©lĂ©ments de dĂ©coration qui ornent le pont de FragnĂ©e Ă  Liège, ou des Ĺ“uvres en bronze installĂ©es Ă  Charleroi. La fonderie dispose de cinq fours : deux pour l’aluminium, deux pour le cuivre et un creuset mixte. Les ventes ont connu une Ă©volution constante entre 1997 et 2003. L’exercice 2004 a Ă©tĂ© moins bon, en raison d’une conjoncture moins favorable. L’entreprise occupe trois personnes Ă  temps plein, quatre en pĂ©riode de haute activitĂ©. En Wallonie, elle est la seule Ă  proposer des moulages sable en cuivreux (Ă  la bĂ©tonite ou en prise chimique). Dans le mĂŞme procĂ©dĂ©, aucune autre fonderie n’est en mesure d’offrir des petites et moyennes sĂ©ries pour des alliages d’aluminium. En phase de certification Iso 9002, elle concentre ses efforts sur le marchĂ© belge. « Notre prospection est ciblĂ©e. Nous dĂ©marchons les ateliers Ă  la recherche de sous-traitants. » Fin 2004, laurent Bertrand a quittĂ© l’entreprise. 

André Divry

C’est dans une fonderie aéronautique qu’il apprend le métier. Rigoureux comme les conditions de travail qu’imposent les chantiers. André Divry décidera ensuite de transmettre sa passion aux jeunes en devenant enseignant. Chargé de la formation des techniciens en fonderie pour toute la partie francophone, il accepte en 1985 de relever un défi industriel et économique quand on lui confie la direction de la fonderie Verviétoise, qui occupe septante travailleurs. Il poursuivra l’expérience de 89 à 92 lorsqu’elle change de raison sociale et de statut, au poste d’administrateur délégué de Technofusion.
Son goût du challenge l’amènera ensuite à se lancer dans la production de pièces prototype à son compte. Mais son installation le limite dans la taille des modèles : à la recherche d’un équipement à reprendre, ou d’une affaire, il saisit en 97 l’opportunité qui se présente à Charleroi… à plus de 100 kilomètres de son domicile, à Spa.
L’entrepreneur a investi prioritairement dans le recyclage du sable : l’équipement s’amortit en peu de temps, par les économies de mise en décharges de classe 1 qu’il génère. Il fallait également augmenter la productivité de l’outil et de la main d’œuvre en allégeant le travail de manutention : les autres efforts se sont portés dans ce domaine.

Expérience d'entrepreneur en 4 questions et réponses

.Quelle idée nouvelle est à la base de la création de votre entreprise ?

Il n’y a pas vraiment d’idée. Cette reprise s’inscrivait comme une suite logique à mon évolution professionnelle. C’est ainsi que pour être en mesure de produire des pièces de plus grande dimension que mes prototypes, je devais impérativement disposer de nouveaux équipements de fonderie, d’un véritable atelier comme on ne peut en aménager un à domicile. Je me montrais attentif au marché de l’occasion : mais le matériel se vend à des prix élevés, j’ai fait une bien meilleure affaire en rachetant les installations de Charleroi. Quand l’opportunité de reprendre un s’est présentée, je n’ai pas hésité : le projet était déjà bien sûr dans mon esprit, c’est exactement ce que je voulais en sachant ce que je pouvais en faire.

.Quelle est la plus grande difficulté que vous ayez rencontrée pour créer ou développer votre entreprise ?

D’une part, il y a le commercial. Notre TPE n’a pas les moyens de se payer une force de vente. Dans ces conditions, le dĂ©veloppement est difficile, mĂŞme si l’entreprise a des spĂ©cificitĂ©s uniques dans son secteur en Wallonie. L’autre difficultĂ© que je rencontre, c’est le manque de temps, en raison de la disponibilitĂ© que rĂ©clame aussi mon statut de formateur. Mener de front deux activitĂ©s n’est jamais simples, surtout lorsqu’elles sont aussi exigeantes que celles-lĂ . Il faut faire preuve d’un grand sens de l’organisation. Mais ça reste un problème. 

 .Quelle est la plus grande joie ou satisfaction que vous a procurĂ© votre entreprise et –si c’est le cas- pourquoi n’auriez vous pas pu vivre la mĂŞme chose en tant qu’employĂ© ?

Quand on est à la tête de sa propre entreprise, l’aventure est plus captivante. J’ai exercé la fonction d’administrateur délégué mais le cocktail d’enthousiasme, de passion, de motivation était moins fort. Dans sa PME, on est libre de ses choix, ne serait-ce qu’en termes d’investissements : nous aurions pu avoir d’autres priorités, portant sur l’immobilier plutôt que sur l’équipement et l’environnement. Nous avons préféré améliorer l’outil avant de devenir propriétaires. La diversité et le nombre de challenge constituent d’autres sources de satisfaction : j’y trouve largement mon compte.

.Quel petit « truc » proposeriez-vous à un jeune entrepreneur ?

Bien analyser le marchĂ© avant de s’installer est indispensable. RĂ©ussir est difficile. Il convient donc de ne pas se tromper : identifier les besoins, analyser l’offre pour adapter son produit, ce sont les ingrĂ©dients du succès en affaires. On peut prendre le risque de se passer d’étude approfondie, mais c’est casse cou. Il faut s’entourer de conseils, de donnĂ©es objectives pour Ă©tablir une stratĂ©gie et agir. 
 

Fonderie Divry-Bertrand sprl
Zoning Sambre et Heure
Rue de la Sambre, 4/3

6032 Mont-sur-Marchienne
 071/47.81.21
 071/47.81.31
Divry, André (M.)
 071/47.81.21
 071/47.81.31
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