Lorsque IBL International commercialise ses produits « Success-line », les rayons diététiques comptent déjà des dizaines de produits vantant les mêmes vertus. A la différence près, qu’aucun d’entre eux ne présente de saveurs insolites. Ils sont peu nombreux en outre à proposer des innovations dans ce type de produits. C’est précisément sur ces deux facteurs, que la société IBL a tout misé. D’abord en proposant des recettes inventives qui flattent les palais et se consomment en toute simplicité et convivialité. Ensuite, en insistant sur le caractère bio des produits mis en vente. Très vite, le concept séduit. Au départ, les pharmacies. Puis, les centrales d’achats pharmaceutiques. Et enfin, les circuits de la grande distribution alimentaire. Isabelle Battiato, à la tête d’IBL, n’en finit pas de prospecter. Les clients adhèrent.
La clé du succès dans une valise
Ce qu’ils aiment par dessus tout, c’est l’originalité des références et leur nombre. Vingt huit plats sont ainsi créés et regroupés dans une valise. Soit, 4 repas par jour sous forme de sachet à reconstituer avec de l’eau. Il peut s’agir de la fameuse compote pamplemousse, du flan framboise, de la purée de carotte, d’épinard ou de brocolis… L’idée, c’est que la consommatrice soit totalement prise en charge du lundi au dimanche et qu’elle puisse déguster des saveurs insolites appréciées par tout le monde. Il est conseillé à la consommatrice d’agrémenter ses plats d’une salade, de légumes ainsi que de laitages et de fruits. La valise comporte également un draineur de 200 ml qui sert de complément alimentaire. Dissoluble dans l’eau, il apporte tous les minéraux et toutes les vitamines nécessaires. Enfin, des dépliants didactiques sont fournis dans toutes les boites de produits.
La première année, IBL parvient à vendre quelque 2.500 valises. Carrefour Belgique signe très vite et commande une dizaine de références supplémentaires. Des contrats sont ensuite négociés avec Unigro, 3 Suisses (vente par correspondance) et Auchan Luxembourg. En 2006 et 2007, des contrats sont conclus avec M6Boutique, Makro et Provera Belux. L’année suivante, un nouveau contrat est signé avec La Redoute France. En parallèle, des négociations sont menées avec la grande distribution en France. A présent, IBL doit rapidement finaliser une gamme de 30 nouveaux produits BIO innovants, avec des packagings attrayants.
Entre 2,850 kg et 3,600 kg en une semaine
Au cours de ces dernières années, IBL s’est déjà diversifiée pour répondre à une demande toujours tournée ver le changement. C’est ainsi que la société a lancé sa gamme d’en-cas comme sa barre au yaourt et pomme enrobée de chocolat blanc. IBL commercialise également sa soupe « silhouette » à base de thé vert et de guarana, un végétal exotique choisi pour ses vertus diurétiques et énergétiques.
Avec ses produits, Isabelle Battiato vise une clientèle entre 35 et 50 ans désireuse de maigrir rapidement en consommant des produits bio. Le programme dure en effet une semaine et selon les statistiques, la moyenne d’amincissement varie entre 2,850 kg et 3,600 kg. Rien d’étonnant dès lors qu’il soit fortement convoité avant certaines festivités (mariage) ou lors des retours de vacances.
Isabelle Battiato
Lorsque Isabelle Battiato décide de se lancer dans le secteur diététique en 2004, elle n’en est pas à son premier essai dans la création d’entreprise. Dix ans plus tôt, elle met sur pied une agence spécialisée dans les voyages d’affaires à Montignies sur sambre, « Jet Air Center Carolo Travel" . C’est son « premier bébé » qui se développera très vite jusqu’en 2001. Puis, avec le krash du 11 septembre, c’est la catastrophe. Isabelle commence à repenser son activité d’indépendante. Elle décide alors de déléguer l’agence pour se dédier à un nouveau secteur.
L’aventure dans le diététique peut alors commencer. Aujourd’hui, Isabelle se tourne vers le marché français et cesse la commercialisation de ses valises minceur. Vendues en grande surface à plus de 60 euros, « cela devient indécent, vu la baisse du pouvoir d’achat », estime-t-elle. Pour ses nouvelles activités dans l’hexagone, Isabelle Battiato vient de signer une convention avec Sambrinvest.
Expérience d'entrepreneur en 4 questions et réponses
Quelle idée nouvelle est à la base de la création de votre entreprise ?
L’idée est née suite à une rencontre avec une diététicienne qui concevait à l’époque des plats hyperprotéinés pour les personnes atteintes d’obésité morbide. Avec la particularité de proposer des saveurs gustatives autres que celles proposées sur le marché. Je pense à ses flans aux courgettes ou à ses omelettes de soja aux herbes de provence. Avec mon mari, on a trouvé son concept original et on a voulu le développer en Belgique. La production est réalisée en France. C’est vrai que chez nous, à ce moment là , le choix dans les régimes hyperprotéinés était restreint : il se limitait aux milkshake fraise, vanille, chocolat… , aux puddings et aux soupes vertes. C’est ainsi finalement que j’ai demandé à notre diététicienne de concevoir un programme minceur de 7 jours. De là , est née la valise minceur.
Quelle est la plus grande difficulté que vous ayez rencontrée pour créer ou développer votre entreprise ?
Je pense que pour beaucoup de jeunes entrepreneurs, l’argent doit être un frein. Dans mon cas, ce qui m’a sauvée c’est que j’avais déjà un contrat avec Carrefour au moment de solliciter un prêt à la banque. Et puis, ma demande a été traitée par quelqu’un qui connaissait l’historique de mon agence de voyage et qui m’a fait confiance.
Quelle est la plus grande joie ou satisfaction que vous a procuré votre entreprise, et si c’est le cas pourquoi n’auriez vous pas pu vivre la même chose en tant qu’employé ?
Ma plus grande satisfaction, c’est d’avoir pu signer des contrats avec de gros clients comme Carrefour. A l’agence, quand j’ai commencé à prospecter, je frappais aux portes des PME. Les grands investisseurs me semblaient déjà inaccessibles.
En tant qu’employé, je pense que je n’aurais pas le même épanouissement dans mon travail. Je n’aime pas avoir des horaires fixes, je n’ai pas de montre d’ailleurs. Je ne suis jamais à l’heure non plus.
Quel petit « truc » proposeriez-vous à un jeune entrepreneur ?
Je crois qu’il faut pouvoir avoir une dose d’insouciance. Si on est trop terre à terre, on vit dans la peur. Je ne dis pas que je n’ai pas de crainte mais il faut pouvoir avancer en tout cas. C’est important aussi d’être bien conseillé. Moi, c’est mon mari : il est ma tête pensante, mon mentor ! Mais ça peut être un associé aussi. Et enfin, je dirais qu’il faut partir du principe que si quelque chose doit se faire, cela se fera.

















